DU CÔTÉ DU PRIVÉ

G4S MILITE POUR DES MARCHÉS AVEC OBLIGATION DE RÉSULTAT

Un partenariat flexible et proactif dans le secteur de la sécurité

Il serait plus court de lister les secteurs et sites où la firme G4S n’est pas présente que de détailler où elle opère. Occupant plus de 6.000 personnes en Belgique, G4S est un groupe leader mondial en matière de solutions de sécurité. Ce fournisseur dispose de filiales dans près de 100 pays et emploie plus de 610.000 personnes à travers le monde. Coté en Bourse à Londres, G4S est leader sur son marché en Belgique, avec un chiffre d’affaires local de 350 millions d’euros en 2014. JEAN-LOUIS GODET

Le rayon d’action de G4S, fournisseur spécialisé dans les risques security et safety, est vaste, comme en témoigne Jean-Paul Van Avermaet, son CEO : « Nous oeuvrons, par exemple, autour d’installations dites critiques, comme la centrale nucléaire de Tihange ou les aéroports de Charleroi et Bruxelles au niveau du screening des passagers ou des bagages. Nous prenons aussi en charge le gardiennage de tout le site autour des pistes. Nous avons également un département consultance-formation-audit qui forme, par exemple, le personnel travaillant à l’accueil d’un CPAS afin qu’il puisse gérer l’agressivité des usagers  ».

A notre demande, Jean-Paul Van Avermaet s’est livré à une analyse de ce qu’il peut observer en tant que fournisseur de services tant dans la sphère publique que pour une clientèle privée. « Au niveau des services publics, les procédures sont plus étroites et très exigeantes sur le plan administratif avec beaucoup d’attestations à fournir, même si cela figure parfois aussi dans des demandes d’offre pour le privé. Dans le public, on est aussi régulièrement face à une première phase, dite de candidature, avant de réellement passer à la remise de l’offre à proprement parler : ça se pratique moins dans le privé. »

Dans le secteur où opère G4S, c’est – comme bien souvent dans les marchés publics – le prix qui fait la différence alors que l’on pourrait s’attendre à une grille d’analyse plus détaillée, comme le constate le CEO de G4S: «  Ce n’est pas un problème tant que l’on se trouve à ‘qualité’ égale, que celle-ci a été bien décrite dans le cahier des charges et qu’elle est respectée par la suite. Il faudrait d’ailleurs veiller à ce qu’il y ait des pénalités appliquées pour les soumissionnaires qui offrent un prix très, voire trop bas, mais dont on constate ensuite qu’ils ne respectent pas le niveau de qualité attendu. Je crois qu’il faut des cahiers de charges qui combinent judicieusement le prix et l’exigence de qualité  ».

Des marchés trop cadenassés, un comble, en matière de gardiennage-sécurité  ? « On peut aussi regretter que dans le public, nous, les soumissionnaires, ne puissions pas proposer des variantes par rapport à ce qui est décrit. Nous sommes contraints de répondre à la demande, en collant strictement à celle-ci. On pourrait améliorer ça avec un principe d’obligation de résultat. Ce qui est important, c’est en effet le résultat et pas la manière d’y arriver. Mais trop souvent encore, on doit se contenter de remplir des cases avec des prix. Bien sûr, je peux comprendre que laisser la possibilité de variantes, cela demande plus de travail pour analyser les offres afin d’en faire un comparatif, et que les responsables des marchés publics redoutent de se trouver avec des propositions concurrentes et divergentes, en ayant du mal à justifier leur choix.  »

Du côté de G4S, on verrait bien une procédure plus souple. «  Il faut pouvoir donner plus de liberté aux candidats dans la formulation de leurs réponses et aussi être plus sévère sur la qualité fournie qui doit être contrôlée a posteriori. Normalement, aujourd’hui, les prix ne peuvent qu’être très proches dans notre domaine. Il faut donc se poser des questions quand une offre est anormalement basse, par exemple moins chère de plus de 10 % : est-ce que la qualité attendue va être au rendez-vous ? Parfois, il est prévu de calculer la moyenne des prix reçus dans les clauses de certains marchés publics : si une offre est inférieure ou supérieure de plus de 10 % au prix moyen, elle est écartée. Un avantage, selon moi : tout le monde va calculer ses tarifs sans les baisser à tout prix, au détriment de la qualité demandée. La différence se fera donc dans la gestion, dans la marge par exemple, mais pas sur la qualité du service ; au risque de perdre d’office le marché. On évite ainsi les prix irrégulièrement bas que sans cette clause, on ne pourrait écarter. »

Jean Paul Van Avermaet

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«  IL FAUDRAIT VEILLER À CE QU’IL Y AIT DES PÉNALITÉS APPLIQUÉES POUR LES SOUMISSIONNAIRES QUI OFFRENT UN PRIX TRÈS, VOIRE TROP BAS, MAIS DONT ON CONSTATE ENSUITE QU’ILS NE RESPECTENT PAS LE NIVEAU DE QUALITÉ ATTENDU.  »
Jean-Paul Van Avermaet, CEO de G4S

« NOUS, LES SOUMISSIONNAIRES, NE POUVONS PAS PROPOSER DES VARIANTES PAR RAPPORT À CE QUI EST DÉCRIT. »

G4S

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