PAROLES D’EXPERTS

 

INCLURE L’ASSISTANCE PSYCHOLOGIQUE DANS UNE POLICE ACCIDENTS DE TRAVAIL ?

Un accident de travail peut être un événement émotionnel traumatisant. C’est le cas lors d’une grande catastrophe, mais aussi lors d’un incident individuel, une agression par exemple.

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Un accident de travail peut occasionner des lésions corporelles mais aussi des dommages psychiques qui donnent lieu à une indemnisation. Le remboursement se fait sur la base du tarif Inami (43,46 euros pour une consultation chez le psychiatre). Le médecin (qui outre sa spécialisation en psychiatrie peut éventuellement avoir une formation complémentaire en psychothérapie) peut prescrire des médicaments. Un psychologue, par contre, n’est pas médecin et ne le peut pas. Par ailleurs, il n’existe pas (encore) de numéro Inami pour ces consultations. Les soins prodigués hors numéro Inami sont également remboursés moyennant autorisation préalable, conformément à la loi. L’autorisation est accordée pour autant que le prix soit raisonnable comparé aux tarifs appliqués pour des prestations comparables, repris dans la nomenclature Inami.

Une victime a donc droit au remboursement des soins psychiques et est, en principe, libre de consulter le thérapeute de son choix. Sauf indication médicale particulière, il s’agira le plus souvent d’un psychologue. La solution idéale pour la personne concernée consiste donc à consulter un thérapeute, éventuellement après recommandation de son médecin.

Lors d’événements traumatisants, il est souvent difficile de trouver le bon thérapeute et de commencer rapidement le traitement. Une intervention dans les plus brefs délais est pourtant essentielle pour aider la victime à intégrer ce qui lui est arrivé. Il est donc normal que certains employeurs régulièrement confrontés à ce genre de situation, comme les services de police et de secours, travaillent en collaboration avec des psychologues habitués à intervenir dans un contexte de crise, auxquels ils peuvent faire appel pour leur personnel. D’autres employeurs sont rassurés de savoir qu’en cas d’accident de travail, leur assureur peut organiser rapidement les interventions nécessaires. Quant aux victimes, il n’y a aucune obligation : l’assistance se fait toujours sur base volontaire, dans le cadre d’une autorisation dûment informée.

Chez Ethias, il suffit de téléphoner pour solliciter une aide ; pas besoin d’avoir déjà déposé une déclaration de sinistre. Nous savons par expérience que la « judiciarisation » peut s’avérer contre-productive dans pareilles circonstances. L’aide à la victime est notre priorité numéro un. Ethias fait appel à un partenaire spécialisé qui contacte l’employeur et/ou la victime pour prendre rendez-vous. Le premier entretien avec le conseiller a lieu dans un délai de trois jours ouvrables. Celui-ci évalue l’impact des événements, la résistance de la personne concernée et détermine, en concertation avec celle-ci, le besoin d’aide ultérieure. Le bien-être de la victime passe avant tout le reste.

Des débriefings collectifs sont également possibles. Situation typique : des travailleurs sont les témoins directs de l’accident de travail mortel d’un collègue. Après notification, la personne en charge du débriefing prend contact avec l’employeur pour le préparer et le planifier. Un entretien avec l’employeur vient compléter la préparation. Le débriefing est effectué par deux conseillers dans les trois jours. Ici aussi, cela se fait sur base volontaire. En fonction de l’impact, un débriefing supplémentaire peut être prévu dans les trois semaines suivant les événements.

L’assistance psychologique doit-elle être reprise dans une police accident de travail  ? La loi prévoit le remboursement des soins, y compris psychologiques. Ce service n’est pas indispensable à proprement parler mais peut s’avérer fort utile assurément. Chez Ethias, nous estimons que ce service n’a pas de prix. C’est pourquoi, qu’il soit repris dans la police ou non, chaque assuré qui le souhaite peut y faire appel. Toutes les compagnies d’assurances n’offrent pas cette facilité. Il est donc conseillé à l’employeur, qui tient à pouvoir y recourir le cas échéant, de l’ajouter au contrat d’assurance.

Bart Vanholst

BART VANHOLST
Responsable du service Sinistres Accidents de travail chez Ethias

 

UNE INTERVENTION DANS LES PLUS BREFS DÉLAIS EST ESSENTIELLE POUR AIDER LA VICTIME À INTÉGRER CE QUI LUI EST ARRIVÉ.