PAROLES D’EXPERTS

 

LE STAGE FIRST, RAMPE DE LANCEMENT VERS L’EMPLOI

Ces stages en entreprise sont une magnifique opportunité de lutter contre le chômage des jeunes et de promouvoir la diversité. La balle est dans le camp des employeurs publics et privés.

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Les deux tiers des jeunes Bruxellois qui ont eu l’occasion d’effectuer un stage First ont trouvé un emploi dans les 12 mois qui ont suivi celui-ci. Ce constat très réjouissant a incité Actiris à élargir les critères d’accès à ces stages et à les promouvoir activement auprès des employeurs. Il s’agit en effet d’une opération winwin. Le chercheur d’emploi a l’occasion de démontrer ses compétences et sa motivation en travaillant six mois dans une entreprise ou un service public. Une véritable rampe de lancement dans un monde du travail, où l’on exige souvent une première expérience professionnelle avant d’engager quelqu’un. Pour les employeurs, il s’agit de facto d’une période d’essai à moindre coût : ils ne paient que 200 euros sur les 850 euros mensuels que le stagiaire reçoit. Il n’y a en outre aucune obli gation d’embauche à l’issue du stage. Les stages First bénéficient d’un accompagnement par les équipes d’Actiris. En amont, nos job coaches discutent avec les employeurs pour bien cerner la nature de l’offre de stage et les profils recherchés. Ils disposent d’une réserve de quelque 3.500 jeunes éligibles à ces stages pour y répondre. Au cours des six mois, le coach continuera à avoir des contacts avec le stagiaire afin d’assurer un rendement optimal de l’opération. Enfin, si le jeune n’est pas engagé à l’issue du stage, ses acquis seront mis en avant auprès d’autres employeurs. Nous n’hésitons pas à les mettre en contact avec l’entreprise qui a reçu le stagiaire pour qu’ils aient un feedback direct avant de prendre la décision d’embaucher.

Je suis convaincu que la lutte contre le chômage n’est pas une culpabilité individuelle mais bien une responsabilité collective. Le public et le privé doivent collaborer pour y arriver. Si seulement un employeur ou indépendant bruxellois sur 10 offrait un stage First par an, le chômage des jeunes serait éradiqué à Bruxelles. Les employeurs publics ont aussi leur rôle à jouer. Pour des raisons sociétales bien entendu mais aussi purement financières. Dans le contexte budgétaire que connaissent toutes les structures publiques, pouvoir engager des stagiaires en ne payant que 200 euros par mois, ce n’est pas négligeable.

Nos stagiaires sont des jeu nes de moins de 30 ans qui n’ont pas un diplôme de l’enseignement supérieur. Cela ne signifie pas qu’il faut obligatoirement leur confier des tâches manuelles. Beaucoup ont le potentiel pour occuper des postes administratifs. Un diplôme du secondaire supérieur, ce n’est pas rien. Cela atteste de compétences et d’une capacité d’appren tissage. Chez Actiris, nous avons d’ailleurs engagé nousmêmes une trentaine de jeunes en stage First.Le stage First s’inscrit dans la « Garantie Jeunes », à travers laquelle le gouvernement bruxellois, avec le soutien de l’UE, entend offrir un emploi, un stage ou une formation à chaque jeune sortant de l’école. L’objectif est de leur mettre le pied à l’étrier. Mais le stage First présente aussi un bel avantage collatéral : il oeuvre plus pour la diversité que nombre de grands discours. C’est juste une question statistique ou démographique. Septante-deux pour cent des Bruxellois ont une origine étrangère et si l’on prend les jeunes demandeurs d’emploi inscrits chez Actiris, la proportion monte jusqu’aux environs de 90  %. Quand on offre un stage, de facto, on agit en faveur de la diversité. C’est donc aussi une forme d’engagement sociétal. Je me réjouis de constater que, très souvent, les collègues du jeune stagiaire deviennent ensuite ses meilleurs alliés, en vue d’un engagement. Ils ont appris à se connaître et à s’apprécier, le stage a généré un beau processus humain au sein de l’entreprise.

Grégor Chapelle

GRÉGOR CHAPELLE
directeur général d’Actiris

 

SI SEULEMENT UN EMPLOYEUR OU INDÉPENDANT BRUXELLOIS SUR 10 OFFRAIT UN STAGE FIRST PAR AN, LE CHÔMAGE DES JEUNES SERAIT ÉRADIQUÉ À BRUXELLES.